Alexis Clairaut (1713-1765)

Chronologie de la vie de Clairaut (1713-1765)


14 mai 1746 (1) : Clairaut rapporteur et correspondant :
M[essieu]rs Clairaut et Camus ont parlé ainsi du mémoire sur l'hydraulique de M[onsieu]r du Petit-Vendin ; et M[onsieu]r Clairaut a dit que M[onsieu]r du Petit-Vendin demandoit à être correspondant de l'Académie ; la compagnie lui a accordé la correspondance avec M[onsieu]r Clairaut, et m'a ordonné de lui en expédier des lettres.

Nous avons éxaminé par l'ordre de l'Académie [cf. 11 mai 1746 (1)] un mémoire sur l'hydrolique par M[onsieu]r du Petitvendin. L'objet principal de ce mémoire est la théorie des rouës muës par des courants d'eau : l'auteur y mesure l'effort qui se fait contre les aubes de ces rouës, cherche le nombre le plus avantageux de ces aubes, et autres problemes de même nature.

Quelques auteurs avoient commis une faute assez considerable en traitant la même matiere, ils avoient confondu le moment du fluide sur la rouë avec la force que ce fluide éxerce perpendiculairement sur les aubes ; c'est à dire qu'ils se contentoient de prendre l'effort de l'eau proportionnel au quarré du sinus d'incidence et à la grandeur de la surface sans faire attention à la longueur du bras de levier, considération indispensable dans cette recherche : M[onsieu]r du Petitvendin releve cette erreur et la corrige dans le calcul qu'il donne de l'impulsion éxercée sur les aubes.

Son résultat devient entierement different de celui de ces auteurs, car au lieu de trouver comme eux qu'il ne doit y avoir d'aubes que le nombre nécessaire pour que l'aube verticale commence à sortir de sa situation, l'aube voisine commence à y plonger, il trouve que l'effort total de l'eau sur la rouë est d'autant plus grand qu'il y a plus d'aubes ; en ce point, comme le remarque M[onsieu]r du Petitvendin, la pratique a devancé sa théorie à l'égard des moulins établis sur les petites rivieres dont les rouës qui sont d'un plus grand diametre ont un très grand nombre d'aubes.

M[onsieu]r du Petitvendin applique sa théorie tant aux rouës verticales qu'aux rouës horisontales : dans l'un et l'autre cas il ne se contente pas de regarder le fluide comme une simple surface qui frappe l'aube ; mais il suppose que ce fluide sorte d'un pertuis de hauteur donnée ; et il a égard aux differentes vitesses qui doivent repondre à chaque point de cette hauteur. Toutes ces recherches nous ont paru faites avec methode et supposer dans l'auteur des connoissances assez étenduës de la mecanique et de la géometrie (PV 1746, p. 130).

Gallica

[Robert-Xavier Ansart du Petit-Vendin ou Petit-Vandin (1713-1790)] est « aide major du régiment de Languedoc », selon l'avant-propos du vol. 1 du Recueil des sçavans étrangers dans lequel son mémoire est publié (Petit-Vendin 50).

Le 21 janvier 1749 :
M[onsieu]r du Petit-Vandin correspondant de l'Académie a lu l'extrait d'un traité de trigonometrie spherique de sa composition (PV 1749, p. 27).

Du Petit-Vendin est nommé correspondant de Grandjean de Fouchy à la mort de Clairaut (cf. 26 février 1766 (1)).

En 1741, un jeune géomètre dénommé Petit Vandin venu de Lillle se comporte en maître chez la marquise du Châtelet alors à Bruxelles. Il est prié de ne plus venir ; il revient, mais va repartir (BnF, Ms à part) (Andrew Brown, CP, 10 novembre 2012).
Abréviations
  • BnF : Bibliothèque nationale de France, Paris.
  • CP : Communication personnelle.
  • PV : Procès-Verbaux, Archives de l'Académie des sciences, Paris.
Référence
  • Petit-Vendin (Robert-Xavier Ansart du), « Mémoire sur l'hydraulique », Mémoires de mathématique et de physique, présentés à l'Académie royale des sciences par divers sçavans, et lus dans ses assemblées, 1 (1750) 261-282, 2pl [Télécharger].
Courcelle (Olivier), « 14 mai 1746 (1) : Clairaut rapporteur et correspondant », Chronologie de la vie de Clairaut (1713-1765) [En ligne], http://www.clairaut.com/n14mai1746po1pf.html [Notice publiée le 28 avril 2010, mise à jour le 22 novembre 2012].